A toutes celles et tous ceux qui refusent la fatalité du malheur,
Au hasard de mes pérégrinations littéraires, j’ai rencontré un petit opuscule intéressant. Je trouve intéressants les livres qui initient un point de vue différent sur notre relation au monde. Voire un point de vue qui pourrait sembler choquant ou simpliste car les choses d’apparence simple sont souvent les plus complexes, je comprends cela.
Or, ces dernières semaines, comme beaucoup d’entre vous, j’ai trouvé à plusieurs reprises que « j’en avais plein le dos » que je retombais sans cesse sur les mêmes difficultés, que j’avais du mal à m’occuper en priorité de mon bien-être au lieu de surveiller jalousement mon territoire contre les agressions extérieures toujours renouvelées et difficiles à contrôler (pour donner des exemples certes triviaux mais bien concrets : mon chiot qui fait pipi sur le carrelage de la cuisine, mes enfants qui abandonnent leur linge sale un peu partout , mon compagnon qui laisse les lumières allumées 24 h sur 24…), que je me crispais au lieu de me détendre, toujours plongée dans l’appréhension …j’ai aussi beaucoup souffert en voulant aider certains proches en vain, ayant l’impression de m’user.
Lorsque j’ai rencontré l’essai de Finley sur le lâcher prise, je me suis sentie comme une personne à qui l’on indique enfin une porte de sortie après qu’elle ait erré des heures ( non des années !) dans un labyrinthe habité en plus par un monstre tel le Minotaure…
Voilà, enfin, une porte de sortie : Lâcher Prise !
Lâcher prise, c’est une aventure fabuleuse, qui fiche la trouille mais qui commence par la décision d’enfin se faire confiance, d’aller à la rencontre de son Vrai Moi et d’abandonner naturellement le « faux moi ».
Une aventure qui nécessite du temps et du travail ce qui va à l’encontre de l’image peu sérieuse du « baba cool » qui se laisserait vivre. Ce n’est pas du tout cela.
Ce « faux moi », Finley l’explique très clairement avec de nombreux exemples, « se convainc que souffrir, en ayant l’impression d’être quelqu’un, vaut mieux que de lâcher prise et de secrètement n’être personne. [...] Une fois que vous avez établi le contact avec partie secrète de votre moi, elle se charge du reste. C’est exact. Car c’est uniquement cette partie supérieure du moi qui peut faire en sorte que votre main s’ouvre pour qu’en tombe tout ce qui vous avait jusque- là fait souffrir. « (Page 33/34 de l’édition Pocket évolution, n° 13620.)
Ce que j’apprécie également, ce sont les pensées qui jalonnent le livre et que nous pouvons relire rapidement, fréquemment, nous approprier. Elles sont regroupées en fonction des étapes à franchir car le livre gradue l’approche du lâcher prise. Je vous les présente en vous en révélant quelques unes à titre d’exemples.
A. 10 pensées intitulées : « ceci n’est pas lâcher prise »
*Lâcher prise ne signifie pas chercher anxieusement une nouvelle solution à un vieux problème .
Commentaire perso
as facile à admettre car souvent nous cherchons à tout prix une solution sans avoir compris ce qui fait que quelque chose nous pose problème depuis si longtemps…
et une autre pensée qui vient faire taire la première objection que je me faisais au lâcher prise : « ça va être un beau bazar dans ma vie dans pas longtemps avec ce lâcher prise ! » :
*Lâcher prise ne signifie pas diminuer nos attentes.
Commentaire perso : voilà ce qui a fait que j’ai continué à lire tout le reste du bouquin car je me suis dit qu’une approche qui me permettrait de me soulager sans pour autant disqualifier mes besoins de progrès, sans pour autant me condamner à ne plus rien espérer du futur, je dis OUI.
En fait le Lâcher prise n’est pas une méthode de résignation ou d’abandon dans le sens : je laisse tout tomber et puis voilà, lâcher prise ne signifie nullement défaitisme, manque d’énergie ou de courage, c’est au contraire autoriser la vie à circuler en nous, accepter les changements inhérents à la vie même, c’est enfin se voir en mouvement et non se figer …
B. 20 pensées pour oser lâcher prise…
*Le malheur ne va pas vers nous, il provient de nous.
Cette pensée peut sembler révoltante ou choquante dans plusieurs situations du quotidien. Pourtant, si l’on réfléchit, elle a beaucoup de sens. Je crois personnellement que les deuils sont inhérents à la vie, ne peuvent être évités. Bien sûr, certaines situations (deuils, accidents, maladies) sont révoltantes, inacceptables. Les larmes, les pleurs et les chagrins ne peuvent être évités. Au contraire, ils permettent de laisser cours à nos émotions. Ce qui est en question, c’est notre capacité à clore ce chagrin, à l’embrasser, à lui donner une fin, non pas à l’effacer, le nier. Mais à le comprendre. Le lâcher prise, c’est comprendre, faire le tour, éclairer la situation et enfin pouvoir s’en libérer. C’est contenir et ne plus être contenu ! Cette attitude est complètement paradoxale : il faut laisser notre moi traverser les peurs qu’il rencontre pour qu’il puisse enfin les circonscrire et les apprivoiser. Ne plus bloquer, crisper, rechigner face à l’incompréhensible, l’inadmissible mais se laisser aller et écouter. Ne pas prendre mais comprendre !
Ainsi, le malheur sera le sort de celui qui ne parviendra pas à apprivoiser ses peurs et ses appréhensions, qui revivra infiniment les mêmes tourments car il n’a pas compris ce qui se jouait là, il ne s’est pas trouvé mais perdu, il est englouti.
Bien sûr, le plus compliqué est là : apprivoiser ses peurs, comprendre ce qui se joue dans une perte, une séparation, un deuil et le livre ne propose pas de recettes miracles mais la possibilité d’apprendre à travailler sur soi pour développer notre vie spirituelle.
Lâcher prise n’est donc pas miraculeux, il s’agit aussi d’accepter de se mettre au travail car les épreuves sont nombreuses sur la voie du lâcher prise. Il s’agit avant tout d’aller vers une vie plus profonde, plus enrichissante et donc… plus calme, moins chaotique et qui pourrait sembler rébarbative…car nous avons l’habitude de ces chaos et le calme nous met quelquefois mal à l’aise ! (avouez !)
C. 10 pensées pour s’orienter en direction du vrai moi.
Le désir compulsif ne peut engendrer le plaisir, car tout ce qu’on se croit obligé de désirer nous rend esclave du désir même. Il n’y a rien d’agréable à se laisser manipuler par la vie.
Cette pensée fait un lien important pour moi avec les livres de Robin Norwood, Ces femmes qui aiment trop(tome 1 et 2) (valables d’ailleurs pour les hommes également) qui abordent le problème des dépendances. D’une manière générale, les dépendances relationnelles, à l’argent, à l’alcool, à la nourriture entrent dans la problématique abordée par le Lâcher Prise : on ne peut pas devenir maître de soi en étant figé sur place par la peur, peur que nous essayons parfois de faire taire en adoptant des conduites répétitives, stériles, douloureuses mais CONNUES… c’est l’inconnu qui terrorise !
D. 10 questions pour s’épanouir
Au lieu de toujours vous demander pourquoi Untel ou Unetelle agit ainsi… apprenez à dire : « Qu’y a-t-il en moi qui tient à souffrir du comportement des autres ? »
La seule chose que nous pouvons gérer, c’est notre ressenti. Alors si l’attitude d’une personne nous blesse, à plusieurs reprises, n’avons-nous pas l’entière responsabilité de ce que nous ressentons. Par exemple, un collègue de travail me reprend systématiquement sur ce que je dis ou même sur mon apparence en blaguant mais en utilisant des blagues qui ont toutes un rapport avec mes compétences. Dans un premier temps, je me suis sentie mal à l’aise, tentant parfois de me justifier, riant de moi parfois et puis, j’ai trouvé que c’était assez, que ce n’était plus mon problème. Je le laisse dire, je ne continue plus la conversation lorsque je le trouve trop incisif, je ne me sens plus concernée par ses paroles, je ne me remets plus du tout en cause… Je ne lui laisse plus la possibilité de le faire douter de moi ! Et je n’en souffre plus, au contraire. Je ne place plus mes valeurs à l’extérieur de moi, je ne les laisse plus graduer par les autres. On peut ainsi aussi décider d’en parler ouvertement avec l’autre, de ne plus lui adresser la parole, de répliquer par des blagues encore plus bêtes que les siennes, cela n’a aucune importance, ce qui est important c’est que notre attitude ne souffre plus de l’attitude de l’autre, que l’autre ne soit plus autorisé par notre VRAI MOI à piétiner notre amour propre.
Interrogez-vous donc toujours sur ce que vous ressentez, si vous ressentez de la gêne, de la honte, de la culpabilité… Y a un Problème !
E.10 leçons pour rester maître de soi.
Si vous viviez vraiment comme il se doit vous n’auriez pas besoin qu’on vous le dise.
Cette pensée m’a fait éclater de rire car effectivement, nous l’avons un peu cherché ! Cela me fait penser à une copine qui dit fréquemment qu’elle déteste les psy et la psy, qu’il faut que j’arrête avec « ça », qu’elle ne voit pas à quoi cela pourrait lui servir et qui finalement doit lire deux fois plus de livres de bouquins « psy » que moi ! On est souvent dans un déni très confortable mais vraiment stérile.
F. Brefs énoncés pour mettre fin à l’autoservitude.
La véritable réussite ne se mesure pas à ce que l’on accomplit mais bien à ce que l’on comprend.
Commentaire : Cela ne me sert à rien d’organiser un magnifique repas de famille si je me brouille régulièrement avec mes parents ou mon frère, je comprends qu’il est important pour moi de conserver un lien paisible avec eux, quitte à les voir moins souvent, quitte à abandonner certains projets pour préserver ce lien que je ne me pardonnerais pas d’avoir saboté.
Cela ne me sert à rien de faire des dizaines d’heures supplémentaires tout en croyant améliorer le niveau de vie de ma famille si je comprends que l’essentiel dans ma vie est d’accompagner mes enfants dans leur quotidien, d’être disponible pour eux. Je préfère accepter une vie plus modeste matériellement et me sentir riche de cette relation construite et nourrie quotidiennement.
Cela ne me sert à rien de me disputer avec mon compagnon qui n’a aucun sens de l’ordre et du rangement et dont les errements, le désordre, l’inorganisation m’exaspèrent quand je comprends que c’est ma propre angoisse que je laisse parler, attendant de lui qu’il me rassure alors qu’il n’est pas là pour cela.C’est une découverte : mon compagnon n’a pas à se charger de calmer mes angoisses. Quand je comprends que c’est en moi que doit se puiser ma solidité et ma sécurité, je ne suis plus angoissé par son désordre. Finalement, il peut continuer à être désordonné et moi à être ordonnée, non ?Ou alors, je cherche à savoir ce que je pourrais faire pour me sentir davantage en sécurité !
Cela permet de remettre en question une grande partie de l’échelle de nos valeurs et d’aller à l’essentiel.
G. Liste des épuisantes revendications auxquelles il convient de renoncer.
être riches, célèbres et éternellement minces.
Je crois que cet exemple vous parlera en tout cas, même si cela ressemble à un cliché, réfléchissez : qu’avez-vous accompli récemment non pas pour vous faire vraiment plaisir, pour être en accord avec vous mais bien par mode, par effet de société, parce qu’il le fallait bien etc ?
H. 10 secrets pour une vie légère.
Rien ne vous empêche de vivre une relation que vous ne comprenez pas, mais ce sera toujours à ses conditions.
Je trouve cette phrase d’une logique implacable, et pourtant ! Combien de fois ne nous heurtons nous pas à cette incompréhension. Voici un dialogue qui illustre cette phrase.
- Je ne comprendrai jamais ! Il me dit qu’il a besoin d’air et il me quitte pour une femme qu ‘il épouse six mois après alors que nous, nous sommes restés ensemble dix ans sans qu’il accepte de m’épouser!
-Oui, mais justement, comme tu ne parviens pas à comprendre ce qui s’est passé, la relation que tu entretiens avec lui n’est pas claire, tu ne la comprends pas non plus et tu souffres beaucoup.
- Que dois-je faire alors ? C’est le père de mes enfants, je suis obligée de lui parler et je ne vais pas me laisser faire tout de même.
-Il te reste deux possibilités : ou tu réfléchis à ce que cette relation t’apporte ou t’apportais et tu te mets à la comprendre, à en voir le fonctionnement et en quoi tu as participé toi aussi à cette construction. Pourquoi par exemple, tu acceptes de communiquer avec lui par textos ou par mails qui sont plein d’attaques et de reproches, et tu n’en souffriras plus ou moins ;tu pourras continuer à envoyer ces textos mais ils t’amuseront ou alors tu en perdras subitement l’envie, ne trouvant plus d’intérêt à ce jeu ; ou alors, il t’est impossible de comprendre cette relation, elle est par exemple trop malsaine ou inacceptable, elle te déborde, tu n’arrives plus à avoir du recul et alors tu cesses de l’alimenter, brusquement, sans te remettre en question, simplement en te disant : ce n’est pas bon pour moi, je n’en veux plus, je ne veux plus me laisser bouffer par cela et tant pis si pour le moment je n’ai pas d’explication à cela. La relation ne pourra plus se nourrir de toi, te libérant là aussi de la souffrance…Tu peux aussi t’interroger sur vos rôles respectifs de père et de mère, sur la distinction à faire entre la relation de couple et la relation de parents, sur ce que tu peux accepter, ce que tu peux séparer, sur quoi tu aurais besoin de lâcher prise, sur ce qui est important de conserver, peut-être justement votre relation sera à nouveau constructive car tu en auras refait les fondations, elle sera autre… finalement, tu engloberas tout ce qui se joue là et tu t’ouvriras à des possibles…
-Ce que tu veux dire c’est que je suis responsable de ce que je vis ? Je suis responsable de ce qu’il m’a trompée et de ses reproches perpétuels ? Que j’ai le choix même maintenant ?
-Oui et non.OUI, c’est terrible à entendre mais une relation se construit à deux, je veux dire, avec l’accord des deux. On peut refuser un lien, ne pas l’alimenter et se préserver intérieurement même dans les situations les plus dramatiques en ne se laissant pas définir par la cruauté ou la folie d’un autre par exemple.Donc, oui tu es responsable de ce que tu vis.NON, tu n’es pas responsable de ses choix, tu n’es responsable que des tiens. Tu aurais pu être la femme la plus séduisante, la plus jeune, la plus intelligente, cela n’aurait rien résolu. Il a fait un choix qui ne te concernait pas mais qui le concernait lui. Peut-être n’a-t-il pas fait un vrai choix, mais là, ce n’est pas ton problème. Ta valeur ne dépend pas de son amour mais de toi. Faire le deuil de la relation est nécessaire mais le rendre responsable de ta vie est dangereux et puéril.
- Je crois que je vais t’en vouloir pendant longtemps de m’avoir dit cela !
Et pour conclure, j’ajouterai un deuxième exemple de pensée qui rend la vie légère:
Cessez de vouloir être aimable et osez vous réveiller. Aider une autre personne à démystifier la supercherie du malheur est l’acte le plus généreux que vous puissiez accomplir.
I.Enfin, le livre se termine par une liste de 50 moyens pour développer une vie spirituelle supérieure.
Quelques bijoux :
* Vous pouvez être conscient de votre impuissance sans ressentir d’impuissance;
* Vous découvrirez votre moi secret quand vous saurez que personne ne peut vous venir en aide, même pas vous.
* N’aidez plus jamais qui que ce soit pour qu’il sente qu’il a le droit d’être malheureux.
J’attends vos commentaires pour que nous progressions sur ce sujet. Qu’en pensez-vous ? Connaissez-vous d’autres ouvrages sur le même thème ?
Quelques commentaires…